Guide circuit : Carole, virage par virage
Le circuit Carole décortiqué. 2055 mètres, 8 virages, et ce que la télémétrie révèle sur chacun d'entre eux.
Carole. 2055 mètres de bitume en Seine-Saint-Denis, à 20 minutes de Paris. C’est le circuit le plus fréquenté de France pour les motards — et probablement celui où le plus de secondes sont perdues par méconnaissance du tracé.
Ce guide est basé sur l’analyse télémétrique de dizaines de sessions. Pas des impressions de pilotage — des données.

Le tracé en chiffres
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Longueur | 2 055 m |
| Virages | 8 (Alpha → Hotel) |
| Sens | Horaire |
| Dénivelé | Quasi nul |
| Ligne droite des stands | ~285 m (T8 → T1) |
| Ligne droite opposée | ~410 m (T6 Fox → T7 Golf) |
| Retour | ~470 m (T7 Golf → T8 Hotel) |
| Vitesse max typique | ~160 km/h (600cc) / ~175 km/h (1000cc) |
Virage par virage
T1 — Alpha (gauche)
Un gauche au bout de la ligne droite des stands. La ligne droite ne fait que ~285 mètres — c’est court. On arrive en 3ème (600cc) ou début de 4ème (1000cc), autour de 160-175 km/h. Le freinage arrive vite et la tentation est de s’y prendre trop tôt. Les données montrent que la majorité des pilotes amateurs freinent 10 à 15 mètres avant le point optimal.
Ce que la télémétrie montre : les pilotes rapides ne freinent pas beaucoup plus tard — la ligne droite est trop courte pour de gros écarts de point de freinage. La différence est dans l’intensité : ils freinent plus fort et relâchent progressivement (trail braking) au lieu de maintenir une pression constante.
Conseil : sur une ligne droite aussi courte, c’est la qualité du freinage qui compte, pas le point. Freiner fort et dégressif est plus efficace que freiner tôt et constant.
T2 — Bravo (chicane)
La chicane Bravo arrive vite après Alpha — seulement 60 m entre les deux. C’est un enchaînement rapide où la fluidité du changement de direction fait toute la différence.
Ce que la télémétrie montre : les pilotes intermédiaires coupent le gaz trop tôt et roulent “en roue libre” pendant 0.5 à 0.8 seconde avant la chicane. Les pilotes rapides maintiennent les gaz plus longtemps et gèrent le changement de direction en un seul mouvement fluide, sans phase de décélération passive entre les deux parties.
T3 — Charlie (droite)
Un droite technique qui demande un bon positionnement à l’entrée. La trajectoire idéale impose un point de corde tardif — mais les données montrent que beaucoup de pilotes amateurs coupent trop tôt.
Ce que la télémétrie montre : un point de corde trop précoce force une sortie serrée et retarde l’accélération. Les pilotes qui patientent quelques mètres de plus avant de plonger gagnent en vitesse de sortie — et ça se paie sur la portion suivante vers Delta.
T4 — Delta (gauche)
Un gauche dans la partie basse de l’infield, à seulement 20 m de la sortie de Charlie. C’est un virage de rythme qui s’inscrit dans l’enchaînement Charlie-Delta-Echo : la fluidité entre les trois compte plus que la vitesse de passage dans chacun.
Ce que la télémétrie montre : les pilotes qui gèrent bien cet enchaînement gardent un rythme constant sans à-coups. Les pilotes qui sur-attaquent un virage isolé compromettent le suivant. La clé est de garder la moto en mouvement et de penser deux virages en avance.
T5 — Echo (droite)
Un droite dans la partie basse du circuit. C’est ici que l’angle d’inclinaison à droite est souvent le plus élevé de la session. La trajectoire est relativement simple mais exige de la confiance.
Ce que la télémétrie montre : la vitesse de passage varie énormément entre pilotes amateurs et confirmés — jusqu’à 15 km/h de différence. La clé n’est pas l’angle, c’est la vitesse d’entrée. Les pilotes rapides entrent plus vite parce qu’ils freinent moins longtemps.
T6 — Fox (droite)
Le dernier virage de la section technique, en bas à gauche du circuit. C’est un virage crucial parce qu’il débouche sur la ligne droite opposée — la plus longue du tracé (~410 m). Chaque km/h gagné en sortie de Fox se multiplie sur toute cette ligne droite.
Ce que la télémétrie montre : les écarts de vitesse de sortie entre pilotes moyens et rapides dépassent 10 km/h ici. La raison principale : un point de corde trop précoce qui force à resserrer la trajectoire et retarde l’ouverture des gaz.
Conseil : patience à l’entrée, corde tardive, accélération progressive dès le point de corde. C’est la vitesse de sortie qui compte, pas la vitesse de passage.
T7 — Golf (épingle)
L’épingle au sommet du circuit, au bout de la ligne droite opposée. On y arrive à pleine vitesse après ~410 m d’accélération — c’est le freinage le plus violent du tour. Golf est serré et la relance conditionne la vitesse sur les ~470 m du retour vers Hotel.
Ce que la télémétrie montre : c’est à Golf que la zone de freinage est la plus longue et les écarts de point de freinage les plus importants entre pilotes. Le trail braking est essentiel ici — les pilotes rapides maintiennent le frein en entrée de virage, là où les amateurs relâchent tout avant de tourner.
T8 — Hotel (épingle)
L’épingle en bas à droite du circuit, le dernier virage avant la ligne de départ/arrivée. Hotel débouche sur la ligne droite des stands (~285 m). Deux épingles consécutives (Golf puis Hotel) avec une longue portion entre les deux — le retour de ~470 m est la plus longue section du circuit.
Ce que la télémétrie montre : les pilotes rapides se concentrent sur une sortie propre plutôt que sur une entrée agressive. Un point de corde tardif et une accélération progressive donnent 5-8 km/h de plus en bout de ligne droite par rapport à un pilote qui plonge trop tôt.
Les erreurs les plus fréquentes à Carole
L’analyse de centaines de tours sur Brake Point fait ressortir trois patterns récurrents :
- Vitesse de sortie insuffisante à Fox (T6) — Coûte 0.3 à 0.6s (impact sur toute la ligne droite opposée, la plus longue du circuit)
- Point de corde trop tôt à Charlie (T3) — Coûte 0.2 à 0.4s (sortie compromise)
- Freinage mal dosé à Golf (T7) — Coûte 0.3 à 0.5s (freinage trop long, pas assez de trail braking)
À eux seuls, ces trois points représentent facilement une seconde par tour. Une seconde qui ne demande ni plus de talent, ni plus de risque — juste une meilleure compréhension du tracé.
Rouler à Carole
Carole est géré par la FFM (Fédération Française de Motocyclisme). Les roulages sont organisés par des associations et des écoles de pilotage. Comptez environ 100-150 € pour une journée de roulage.
Le circuit est idéal pour débuter grâce à son tracé court, ses dégagements larges et l’absence de dénivelé. C’est aussi un excellent terrain d’entraînement pour la télémétrie : 8 virages suffisamment différents pour travailler chaque aspect du pilotage.
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