5 erreurs de freinage que la télémétrie révèle immédiatement
Le freinage est la compétence la plus sous-estimée sur circuit. Voici ce que vos données disent sur vos vrais points faibles.
En pilotage sur circuit, on parle beaucoup de trajectoire, de vitesse de passage, d’angle d’inclinaison. Mais la compétence qui sépare le plus les niveaux, c’est le freinage. Et c’est aussi celle où la télémétrie est la plus impitoyable.
Après avoir analysé des centaines de sessions sur Brake Point, voici les 5 erreurs de freinage les plus fréquentes — et ce que les données montrent.
Erreur 1 : Freiner trop tôt
C’est l’erreur universelle. Chaque pilote, sans exception, freine plus tôt qu’il ne le pense. La mémoire du pilotage est subjective : on se souvient d’avoir freiné “au panneau”, mais les données GPS montrent un point de freinage 10, 15, parfois 20 mètres avant.
Ce que la télémétrie montre :
En superposant le tracé de vitesse de votre meilleur tour et de votre tour moyen, la première différence visible est presque toujours le point de freinage. Le tour rapide ne montre pas un freinage plus tardif de 50 mètres — c’est souvent 5 à 10 mètres. Mais ces quelques mètres, multipliés par 8 virages, représentent facilement une seconde au tour.
Le piège : “freiner plus tard” ne signifie pas “freiner à la dernière seconde”. Cela signifie freiner au bon moment — celui que les données vous montrent, pas celui que votre instinct vous dicte.
Erreur 2 : Freinage insuffisamment progressif
Un bon freinage sur circuit suit une courbe en forme de “U inversé” : montée en pression rapide, maintien au maximum, puis relâchement progressif jusqu’au point de corde. C’est ce qu’on appelle le trail braking.
La majorité des pilotes amateurs ont un profil de freinage en “créneau” : ils appuient fort, maintiennent une pression constante, puis relâchent d’un coup. La transition entre freinage et mise sur l’angle est brutale au lieu d’être fluide.
Ce que la télémétrie montre :
La courbe de décélération des pilotes rapides est une pente descendante douce. Celle des pilotes amateurs est un plateau suivi d’un mur. Cette différence crée deux problèmes :
- La moto (ou la voiture) n’est pas stabilisée à l’entrée du virage
- Le transfert de masse est brutal, ce qui déstabilise le train avant
Le trail braking n’est pas une technique avancée réservée aux experts. C’est la manière naturelle de freiner quand on comprend ce qui se passe — et la télémétrie vous le montre.
Erreur 3 : Le “trou” entre frein et gaz
Entre le moment où vous relâchez complètement le frein et celui où vous ouvrez les gaz, il y a souvent un trou. Un moment où le véhicule n’est ni en décélération ni en accélération — il roule en roue libre.
Ce trou dure typiquement 0.3 à 0.8 seconde chez les pilotes amateurs. Ça semble insignifiant. Multipliez par 8 virages : vous venez de trouver 2 à 6 secondes au tour.
Ce que la télémétrie montre :
La courbe d’accélération longitudinale des pilotes rapides ne passe presque jamais par zéro. Ils passent du frein au gaz de manière fluide, parfois même avec un léger chevauchement (frein arrière + gaz en sortie de virage en moto).
Le conseil : ne cherchez pas à aller plus vite dans les virages. Cherchez à éliminer les moments où vous ne faites “rien” — ni freiner, ni accélérer.
Erreur 4 : Freinage différent à chaque tour
La régularité du freinage est un indicateur de niveau aussi fiable que le chrono. Un pilote débutant a des points de freinage qui varient de 10 à 20 mètres d’un tour à l’autre. Un pilote confirmé, de 2 à 3 mètres.
Ce que la télémétrie montre :
En superposant 10 tours du même pilote, la dispersion des points de freinage raconte une histoire claire. Si vos points de freinage au virage 1 s’étalent sur 15 mètres, c’est que vous n’avez pas de repère fiable — ou que vous ne l’utilisez pas.
Le conseil : avant de chercher à freiner plus tard, freinez toujours au même endroit. La régularité avant la performance.
Erreur 5 : Ignorer le frein arrière (moto)
En moto, le frein arrière est souvent le grand oublié. Beaucoup de pilotes ne l’utilisent pas du tout sur circuit, ou seulement en ligne droite. C’est une erreur.
Ce que la télémétrie montre :
Les pilotes qui utilisent le frein arrière en entrée et en milieu de virage ont une trajectoire plus stable et un meilleur contrôle de la vitesse de passage. Le frein arrière ne sert pas à ralentir — il sert à stabiliser la moto et à ajuster finement la vitesse sans déstabiliser le train avant.
Les données d’angle d’inclinaison confirment : les pilotes utilisant le frein arrière en virage ont des traces d’inclinaison plus lisses, sans les corrections brutales qui signalent une perte de contrôle momentanée.
Comment utiliser ces informations
La beauté de la télémétrie, c’est qu’elle transforme des impressions vagues en faits mesurables. “Je freine mal” devient “je freine 12 mètres trop tôt au virage 3 et mon freinage n’est pas progressif”.
Avec Brake Point et BudAI, vous n’avez pas besoin de savoir lire des courbes. L’IA identifie ces patterns automatiquement et vous donne des conseils concrets, virage par virage.
La prochaine fois que vous revenez de la piste, importez vos données. Vous pourriez être surpris par ce que vous découvrez.
Analysez vos propres sessions
Rejoignez la beta et recevez 5 analyses BudAI par semaine, gratuitement.
Rejoindre la beta